«Aucun pays n'a jamais payé un si lourd tribut pour devenir européen»
C'est avant tout un vote symbolique, qui renvoie aux prémices du conflit ukrainien, en novembre 2013. Le Parlement ukrainien – la Rada – et le Parlement européen ont finalement ratifié, mardi 16 septembre, l'accord d'association entre l'Union européenne et l'Ukraine.
Le refus de l'ex-président Viktor Ianoukovitch de signer ce texte avait en effet déclenché en Ukraine à l'automne le mouvement de contestation qui, après des semaines de confrontations violentes avec les forces de l'ordre à Kiev, allait aboutir à sa chute en février.
«Aucun pays n'a jamais payé un si lourd tribut pour devenir européen», a déclaré le nouveau président ukrainien, Petro Porochenko, mardi matin, évoquant les manifestants morts dans les rassemblements à Kiev et les soldats tués dans les combats contre les séparatistes.
L'accord reste néanmoins très politique à ce stade, l'UE ayant annoncé un report de l'entrée en vigueur du volet libre-échange à la fin de 2015 pour permettre des discussions avec la Russie, opposée à cet accord.
Par ailleurs, la Rada a voté mardi deux projets de loi prévus par le plan de paix, défini le 5 septembre à Minsk par Kiev et des représentants des rebelles prorusses :
Un statut spécial donnant plus d'autonomie aux régions de Donetsk et de Lougansk
Le premier texte garantit davantage d'autonomie aux régions séparatistes prorusses de Donetsk et de Lougansk, où un cessez-le-feu précaire est en vigueur, pour tenter de résoudre un conflit meurtrier.
Il prévoit l'organisation d'«élections au niveau des districts, des conseils municipaux, des conseils de villages» dans «certains districts des régions de Donetsk et de Lougansk le dimanche 7 décembre». Seraient donc uniquement concernées les zones actuellement tenues par les combattants séparatistes et leurs soutiens russes.
Cet «statut spécial» comprend également la mise en place d'un gouvernement autonome provisoire qui prendra ses fonctions dès l'adoption de la loi et ce pour trois ans.
L'amnistie, sous conditions, pour les combattants engagés dans l'Est
Le second texte voté mardi par le Parlement prévoit une amnistie pour des«participants aux événements de Donetsk et de Louhansk».
Il exempte les combattants de poursuites pénales et administratives, sauf ceux qui se sont rendus notamment coupables de «meurtres, viols et terrorisme». Sont également exclus de cette amnistie les responsables de la destruction en vol du Boeing de Malaysia Airlines en juillet, qui a fait deux cent quatre-vingt-dix huit morts.